Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 04:36
Les syndicats de magistrats disent voir dans la décision d'un juge d'instruction de renvoyer l'ex-président Jacques Chirac en correctionnelle la preuve de la nécessité de conserver cette fonction de magistrat indépendant, que l'Elysée veut supprimer.
Ils ont souligné que, dans cette affaire, le procureur, que l'Elysée voudrait voir remplacer les juges d'instruction dans les enquêtes complexes, avait demandé un non-lieu.

"(La décision de la juge Xavière Simeoni) est un exemple assez remarquable de ce que nous ne pourrions ne plus avoir dans un futur proche", a déclaré à Reuters Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats, majoritaire.

"S'il n'y avait pas eu de juge d'instruction, il n'y aurait pas eu de procès (...) et on ne pourra plus aller au bout de la recherche de la vérité", a-t-il ajouté.

Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature (gauche), a abondé dans le même sens.

"L'ordonnance de la juge Simeoni a l'avantage de montrer que la justice ne cède pas aux pressions. Le rôle de la justice c'est de permettre un débat, un procès public. On ne doit pas avoir l'impression que les décisions sont rendues dans l'opacité, ce qui sape la confiance", a-t-elle dit à Reuters.

Annoncée en janvier 2009 par Nicolas Sarkozy et proposée formellement en septembre par une commission de réflexion constituée par le gouvernement, la suppression du juge d'instruction est en préparation au ministère de la Justice.

Michèle Alliot-Marie a annoncé un avant-projet début 2010 et un passage au Parlement du projet à l'été prochain.

S'il est adopté, les procureurs, nommés en conseil des ministres sur décret du chef de l'Etat, soumis hiérarchiquement au ministère de la Justice et qui peuvent recevoir des ordres du gouvernement, maîtriseront tout le processus pénal.

Ils décideront d'ouvrir ou non des enquêtes, conduiront les investigations, soutiendront l'accusation au procès et mettront les peines à exécution.

OPPOSITION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL ?

Le gouvernement explique que ce projet a pour but d'améliorer les droits de la défense.

Mais les syndicats de magistrats estiment qu'il vise à mettre fin aux "affaires" politico-financières visant l'Etat, les dirigeants politiques et les grandes sociétés.

Le Syndicat de la magistrature a publié cette semaine une lettre ouverte où il recense une vingtaine de dossiers où un juge d'instruction a permis un procès ou des poursuites dans ces cas malgré l'opposition du parquet.

Cela a été le cas dernièrement pour l'ancien patron de Vivendi-Universal Jean-Marie Messier, renvoyé en correctionnelle contre l'avis du procureur, ou pour deux neveux du président tunisien Zine el Abidine ben Ali, jugés par défaut pour un vol de yachts de luxe malgré l'opposition du procureur.

Le cas du renvoi en justice de l'ancien maire de Paris Jean Tiberi pour fraude électorale, où il a finalement été condamné à trois ans d'inéligibilité malgré une abstention volontaire du parquet, qui n'a pas pris de réquisitions, est aussi cité.

Le projet est mis en cause par le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, lui-même ancien juge d'instruction, qui a fait connaître pour la première fois au début du mois ses réticences sur ce projet.

Il le juge contraire, s'il n'est pas aménagé, au principe de séparation des pouvoirs, ce qui laisse entrevoir la possibilité d'une censure par les "sages" de la Cour.

Sur le même sujet, la Cour européenne des droits de l'homme a annoncé qu'elle rendrait "au premier trimestre de 2010" un arrêt en appel portant notamment sur le parquet français, a déclaré une source au Conseil de l'Europe.

Dans la décision de première instance en 2008, relative à l'arrestation de trafiquants de drogue en mer en 2002, la Cour a estimé que le procureur français ne constituait pas une autorité judiciaire, car il lui manquait l'indépendance à l'égard du pouvoir exécutif.

Posons-nous la seule question évidente, pourquoi Sarkozy tient-il donc tant à la suppression des juges d'instruction ? Outre qu'ils ne semblent pas être aux ordres du monarque, s'interrogerait-on sur son appartement de l'île de la Jatte ? s'intéresserait-on à SA gestion de l'EPAD ? ou à celle de la mairie de Neuilly ? ou encore à celle des Hauts de Seine ? s'agirait-il de dédouaner ses amis Balkany ? ses potes Bolloré, Bouygues, Lagardère, Arnault... ses affidés les banquiers ? Enfin toutes gens particulièrement pourvus en Euros et dépourvus de la moindre éthique ?
Par AM - Publié dans : Justice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 18:31
Lundi 11 mai 2009
publié dans : Premier degré
par Sauvons l'Ecole

 

 

Professeurs des écoles à l’école élémentaire Franklin Roosevelt, 5 rue Tivoli (13005 Marseille), nous avons, comme près de 3000 enseignants dans toute la France, adressé une lettre de désobéissance pédagogique à notre Inspecteur d'Académie, dans laquelle nous déclarons refuser d'appliquer les réformes Darcos, qui font peser une menace sur le Service Public d'Education.

 

Lors de la journée de grève du 10 mars dernier, nous sommes allés à 14 heures déposer notre lettre dans les bureaux de notre supérieure hiérarchique, l’Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Marseille 13 (Madame Nacer), accompagnés d'un vingtaine d'autres enseignants grévistes solidaires de notre démarche.
L'inspectrice étant absente, sa secrétaire nous a demandé de quitter les lieux. Nous avons décidé d'attendre sur place son retour,  dans l’espoir de discuter de vive voix avec elle. Au bout d'une heure et demie, ne la voyant pas revenir, nous avons quitté les bureaux de l’Inspectrice, laissant notre courrier au secrétariat.

Quinze jours plus tard, nous avons appris par un appel téléphonique, à notre domicile,  que nous devions nous rendre à l'annexe du commissariat du 2ème arrondissement de Marseille ( 40 Bd Schuman, groupe violences urbaines) pour une audition le mercredi 1er avril, à 9h00, en raison d’une plainte déposée par l’Inspectrice à notre encontre. Seuls nos deux noms étaient cités.

Nous sommes ressortis du commissariat au bout d'une heure environ.

Le dossier semblait devoir être classé sans suite, étant donné que nous ne connaissions pas les noms des "individus" qui nous accompagnaient le 10 mars dans les bureaux de l'IEN.

 

Le lendemain de cette audition, le 2 avril,  l'Inspecteur d'Académie des Bouches-du-Rhône,

Gérard Trève,  a envoyé à notre domicile une lettre recommandée avec accusé de réception à chacun de nous deux, afin de nous  informer de sa décision de prononcer une "sanction du premier groupe" (avertissement ou blâme) à notre encontre. Il a décidé de « prononcer à (notre) encontre (cette) sanction » « suite à (notre) intrusion dans les locaux » de notre IEN  et à « l’occupation du bureau de l’Inspectrice ».

Nous étions  "invités" à nous rendre, le mercredi 6 mai 2009 (à 10 heures pour Isabelle Bérard, à 14 heures pour Christian Bernardini) dans les bureaux de l'Inspection Académique où nous devions "prendre connaissance de (notre) dossier" dans lequel se trouvent les éléments qui "motivent la procédure engagée".

 

Un rassemblement de soutien était alors organisé par des enseignants et des parents d’élèves pour ce jour-là  (qui coïncidait par ailleurs avec la 3ème journée nationale de la désobéissance) devant l'Inspection Académique des Bouches-du-Rhône.  Nous avons appris le mardi 5 mai,  par un message laissé en fin d’après-midi sur le répondeur téléphonique de notre domicile, que le rendez-vous était reporté à une date qui nous serait communiquée ultérieurement. En effet,  l’Inspection Académique avait jugé indispensable de fermer ses portes au public ce jour-là, en raison du rassemblement.

 

Jeudi 7 MAI, nous avons reçu à l'école une convocation du commissariat du 1er (Canebière) pour une « audition » le … 29 AVRIL. Cette convocation est datée du 9 avril (cachet de la Poste du 10 avril) . L'adresse est imprécise et le code postal erroné. Personne, dans ce  commissariat, n'a pu nous renseigner par téléphone jeudi dernier. Nous rappellerons lundi 11 mai pour en savoir plus.

 

 

Isabelle Bérard et Christian Bernardini

Mercredi 13 mai 2009
publié dans : Premier degré
par Sauvons l'Ecole

Pour rappel lire cet article


Communiqué des professeurs d'écoles désobéisseurs de Marseille :

"Mardi 12 mai, seconde audition dans un commissariat (1er arrondissement, La Canebière), à nouveau au sujet de la plainte de l’IEN (pour intrusion et occupation). Il semble  que Christian soit accusé d’avoir bousculé la secrétaire le 10 mars. Accusation mensongère bien évidemment.

 

Mercredi 13 mai, nous avons reçu deux nouvelles lettres recommandées avec avis de réception à notre domicile, datant de jeudi 7 mai. La convocation du 6 mai de l’Inspection Académique pour consultation de nos dossiers en vue de la « sanction de premier groupe » est reportée :

-         au lundi 8 juin à 17h pour Christian Bernardini

-         au mardi 9 juin à 17h pour Isabelle Bérard"

 

 

Par AM - Publié dans : L'assassinat de l'école laïque
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 19:18
Mardi 12 mai 2009
publié dans : Privé-Public et Laïcité
par Sauvons l'Ecole

Le Journal Officiel de la République française du 19 avril 2009 n°0092 page 6746 publie le décret n° 2009-427 du 16 avril 2009 portant publication de l’accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur (accompagné d’un protocole additionnel d’application), signé à Paris le 18 décembre 2008.

Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, accorde à un État étranger et souverain – le Vatican – la reconnaissance des diplômes préparés par les universités catholiques sur le territoire français. Ce décret met à mal le principe de laïcité inscrit dans la constitution. Il nous fait faire un bond en arrière de deux siècles dans l’histoire de l’Université et dans les relations entre l’Église catholique et l’État.
Au nom du processus de Bologne, le décret instaure le droit d’ingérence d’un État étranger et souverain (le Vatican) dans l’enseignement supérieur français. Faut-il rappeler que c’est la Révolution française qui a engagé le processus de laïcisation en France en créant un état civil dépendant des communes et non plus des paroisses ? Faut-il rappeler que Napoléon Bonaparte signe en 1801 un concordat avec le pape (encore en vigueur aujourd’hui dans les départements d’Alsace-Moselle) déclarant le catholicisme « religion de la majorité des Français », mais suivant la tradition du gallicanisme – c’est à dire le droit de regard du souverain sur l’Église de France – nomme les évêques ? Faut-il rappeler que Napoléon Ier en créant l’Université impériale en 1808 donne la collation des grades (le droit de délivrer les diplômes) à l’établissement public ?
La loi Falloux de 1850 qui accorde à l’Église le droit de remplacer le brevet de capacité (nécessaire alors pour enseigner) par une lettre d’accréditation (lettre d’obédience) donnée par les supérieur.e.s des congrégations religieuses ne touche pas aux diplômes du supérieur. Faut-il rappeler que c’est Jules Ferry qui a instauré la laïcité de l’école primaire, que les représentants de l’Eglise sont exclus du Conseil supérieur de l’instruction publique par la loi du 27 février 1880 ? L’article 7 de la loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur cherche à empêcher les membres des congrégations non autorisées à participer à l’enseignement, qu’il soit public ou libre, primaire, secondaire ou supérieur. Cependant, cette disposition est rejetée par le Sénat, puis par la Chambre des députés. La loi Goblet de 1886 laïcise le personnel des écoles primaires et le processus n’est terminé complètement qu’en 1904 avec l’interdiction d’enseigner pour tous les membres des ordres religieux (congrégations) dans l’école publique. En 1905, la séparation des Églises et de l’État établit dans tous les domaines la laïcité. Bien que la mise en œuvre de cette laïcité ait été fondée sur des compromis (qui vont du repos hebdomadaire le dimanche - loi de 1906 -, des aumôneries catholiques dans les lycées, du financement des établissements privés sous contrat – loi Debré de 1959 – jusqu’au poisson, plus trivialement, dans les cantines scolaires le vendredi), la question de la reconnaissance des diplômes n’avait pas été remise en cause (un certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire pour le privé se passe jusqu’alors sur une liste distincte, avec un nombre de postes attribués, mais devant le même jury que le CAPES pour l’enseignement public).

En reconnaissant les diplômes du supérieur (qui vont du baccalauréat au doctorat) préparés dans les établissements catholiques, le président de la République française bouscule la constitution, la laïcité de l’État mise en oeuvre depuis la Révolution française, revient sur les fondements mêmes de l’Université établis en 1808 et donne à un chef d’état étranger des droits sur le territoire français. Faut-il rappeler qu’un seul régime avait jusqu’alors remis en cause la laïcité et la formation des instituteurs et des institutrices dans les Écoles normales, c’est « l’État français », le régime de Vichy de Pétain entre 1940 et 1944 !


Le collectif IUFM de Lyon

Par AM - Publié dans : L'assassinat de l'école laïque
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 19:13
Mardi 12 mai 2009
publié dans : Base élèves
par Sauvons l'Ecole
LETTRE OUVERTE AUX DIRECTRICES ET DIRECTEURS D’ÉCOLES ET AUX EQUIPES ENSEIGNANTES
 
Ce courrier a pour objet d'informer les enseignants, les directrices et les directeurs d'école, du fait que de nombreuses plaintes sont actuellement déposées dans toute la France contre Base élèves et de leur rappeler leur responsabilité dans la collecte des données enregistrées dans Base élèves (BE1D) et la Base nationale des identifiants élèves (BNIE).

Nous vous rappelons en quelques mots que Base élèves (BE1D), l'Identifiant National Elèves (INE) et la Base nationale des identifiants élèves (BNIE) sont plus que de simples outils de gestion des élèves. Ils permettent de retracer les parcours scolaires, peuvent être exploités par d'autres administrations sous couvert du secret partagé, ouvrent la porte à de multiples interconnexions futures, et mettent en place un dispositif de fichage et de traçage des citoyens dès l’âge de trois ans, sans évaluation des conséquences, sans débat, dans un contexte de plus en plus sécuritaire où les fichiers et les connexions entre fichiers se multiplient de manière inquiétante, et sont mis en place sous la menace et les sanctions.

Enseignants, Directrices et Directeurs d'école,
 
Le CNRBE (Collectif National de Résistance à Base Elèves) tient à vous informer qu’il a initié avec le SAF (Syndicat des Avocats de France) la mise en œuvre d’une plainte pénale contre X déposée par des parents, qui répertorie les différentes atteintes aux lois et conventions relatives à la protection de la vie privée, aux droits de l’Homme et de l’enfant, dans le cadre de la mise en place de Base élèves. De nombreuses plaintes ont été déposées dans plusieurs villes de France. Les parquets de Marseille et de Millau ont ouvert une enquête préliminaire confiée aux services de police ou de gendarmerie. Il est fort probable qu’une enquête soit ouverte dans chaque ville où les plaintes ont été déposées.
 
Cette plainte ne vise pas les directrices et directeurs d’écoles. On peut d’ailleurs y lire :
« Dans le cadre de vos investigations, vous pourrez utilement interroger les Ministres de l’Education Nationale, les recteurs d'académie du ressort, les inspecteurs d'académie du ressort et les inspecteurs de l'éducation nationale responsables de la collecte illégale des données en question au cours de toutes ces années et de poursuivre les responsables dans les limites des règles de la prescription.
Il va de soi que les directeurs d’école ne pourront être pénalement responsables de ces agissements auxquels ils ont participé sous la contrainte de leur hiérarchie et sous la menace des sanctions qui ont parfois même été prises pour les plus courageux d’entre eux.
Ils sont protégés de toute poursuite pénale par application des articles 122-2 et 122-4 du code pénal. »
 
Cependant, il est de notre devoir de vous rappeler qu'en saisissant des données dans Base élèves, de nombreux directeurs et directrices d’écoles participent à une collecte illégale de données à caractère personnel :
 
1°) La collecte des données s’est effectuée et s’effectue encore souvent en l’absence d’information donnée aux enfants, parents et à leurs proches, en méconnaissance de l’article 6 de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, qui prévoit que :
« Un traitement ne peut porter que sur des données à caractère personnel qui satisfont aux conditions suivantes :
1° Les données sont collectées et traitées de manière loyale et licite ; »
 
2°) L’article 32 de cette même loi prévoit :
«  I. - La personne auprès de laquelle sont recueillies des données à caractère personnel la concernant est informée, sauf si elle l'a été au préalable, par le responsable du traitement ou son représentant :
1° De l'identité du responsable du traitement et, le cas échéant, de celle de son représentant ;
2° De la finalité poursuivie par le traitement auquel les données sont destinées ;
3° Du caractère obligatoire ou facultatif des réponses ;
4° Des conséquences éventuelles, à son égard, d'un défaut de réponse ;
5° Des destinataires ou catégories de destinataires des données ;
6° Des droits qu'elle tient des dispositions de la section 2 du présent chapitre ;
Lorsque de telles données sont recueillies par voie de questionnaires, ceux-ci doivent porter mention des prescriptions figurant aux 1°, 2°, 3° et 6°. »
 
Le Ministère de l’Education Nationale n’a pas assuré l’information des enfants, des parents et des proches selon les dispositions prévues dans cet article.
 
3°) Des données à caractère personnel, qui seront conservées pendant 35 ans, ont été collectées dans Base Elèves et la Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE), à partir des fiches de renseignements ordinaires de rentrée qui ne mentionnaient pas le traitement informatique, puis à partir de fiches de renseignements qui ne mentionnaient ni les finalités du traitement, ni le caractère obligatoire ou facultatif des réponses, ni les destinataires (maire, inspecteur de circonscription et inspecteur d’académie), ni les droits d’accès auprès de l’IEN et de l’IA.
 
4°) Les fiches de renseignements prévues par le MEN à remplir par les parents pour l’année scolaire 2008/2009 comportent de nombreuses irrégularités :
- Elles ne contiennent aucune mention relative au traitement BNIE.
- Elles ne font pas apparaître le partage des données avec l’inspecteur de circonscription et l’Inspecteur d’Académie et elles précisent même dans la première ligne «informations utiles à la gestion du directeur d’école ».
- Elles ne mentionnent pas toutes les finalités du traitement, dont les recherches d’enfants par exemple figurant pourtant dans la déclaration à la CNIL du 24 décembre 2004 visée dans l’arrêté du 20 octobre 2008.
- Elles limitent au directeur d’école la possibilité de faire valoir le droit d’accès, sans mentionner la possibilité de droit d’accès auprès de l’IEN de la circonscription ou auprès de l’IA, alors que l’article 8 de l’arrêté la mentionne.
- Aucune information n’est assurée pour les proches des enfants  dont les données à caractère personnel sont susceptibles d’être traitées dans Base Elèves, « personnes à appeler en cas d’urgence et/ou autorisées à prendre l’enfant à la sortie ».
 
5°) En cette période d’inscriptions en vue de la rentrée 2009, les fiches de renseignements sont distribuées aux parents et certaines ne mentionnent toujours pas les finalités du traitement, ni le caractère obligatoire ou facultatif des réponses, ni les destinataires des données, ni les droits d’accès auprès de l’IEN et de l’IA. Sont aussi distribuées d'anciennes fiches qui ne mentionnent pas le traitement informatique et qui ne peuvent pas être utilisées pour renseigner Base Elèves.
 
Le Collectif National de Résistance à Base Elèves a souhaité vous communiquer tous ces éléments afin que vous puissiez mesurer de quelle manière l'administration vous implique dans cette collecte illégale de données à caractère personnel.

Aux regards des différents articles de loi susmentionnés, nous vous proposons des arguments à faire valoir pour refuser de participer à une collecte illégale de données à caractère personnel, même si cela est contradictoire avec les directives de votre hiérarchie.
 
Vous pouvez aussi, si vous êtes Directrice ou Directeur d'école, rejoindre les 190 directrices et directeurs d’écoles signataires de l’appel à la résistance citoyenne contre le fichage des enfants.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2964

Cordialement,
Le Collectif National de Résistance à Base Elèves, le 7 mai 2009.
base-eleves@orange.fr
Par AM - Publié dans : L'assassinat de l'école laïque
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 20:02
Nous savions déjà que les sieurs Sarkozy et Darcos s'entendaient comme larrons en foire pour démanteler l'école laïque, après les insultes adressées par ces deux gougnaffiers au corps enseignant, voici un intéressant article de Caroline Fourest paru dans "Le Monde".


"On assiste à un assaut sans précédent pour tenter d'affaiblir l'enseignement républicain et laïque au profit de l'enseignement privé et confessionnel. En principe, la République "ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". En coulisse, tout est fait pour torpiller l'esprit de cette loi dès qu'il s'agit d'éducation nationale.

Dans la plus grande discrétion, tout un pan du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran vient d'entrer en vigueur. On se souvient de cette phrase dans laquelle le président plaçait le prêtre au-dessus de l'instituteur "dans la transmission des valeurs". Depuis, il a tenté de minimiser. Ces mots traduisent pourtant une vision de la transmission et de l'enseignement que son gouvernement applique à la lettre.


Dans une autre partie de son discours, moins célèbre, le président regrettait que la République ne reconnaisse pas la "valeur des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholique". On pensait à la reconnaissance de diplôme de théologie... Ils n'ont pas à être validés par la République puisqu'elle ne "reconnaît aucun culte". Mais le président s'obstine. Notamment avec l'arrière-pensée de pouvoir estampiller la formation des imams rêvée par le ministère de l'intérieur mais dispensée par la Catho. Un bricolage qui ne fait que renforcer l'impression d'une gestion postcoloniale de l'islam, donc la propagande islamiste. Tout en tuant à coup sûr l'esprit de 1905.


L'affaire est plus grave qu'il n'y paraît. Les décrets de cet accord - signé en catimini entre la France et le Vatican le 18 décembre 2008 - viennent de tomber. Ils prévoient la "reconnaissance mutuelle des diplômes de l'enseignement supérieur délivré sous l'autorité compétente de l'une des parties". Or cette "reconnaissance" ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, le baccalauréat ou d'éventuels masters.


L'accord feint d'appliquer une directive européenne (le processus de Bologne), pensée pour reconnaître les diplômes étrangers, mais il change de nature à partir du moment où il est signé avec le Vatican, pour "reconnaître" des diplômes délivrés sur le sol français par des établissements de l'Eglise. Ce qui revient non seulement à casser le monopole des diplômes qu'avait l'Etat depuis 1880, mais aussi l'esprit de l'article 2 de la loi de 1905.


Jusqu'ici, les établissements catholiques privés pouvaient parfaitement préparer des élèves au bac, mais ceux-ci devaient passer leur diplôme avec tous les autres. Petite astuce connue des professeurs : de nombreux établissements privés choisissent de ne présenter que les meilleurs élèves sous leurs couleurs et d'envoyer les autres en candidats libres pour améliorer leur score de réussite au bac. Appâtés par des pourcentages tournant autour de 100 %, de plus en plus de parents se tournent vers ces établissements au détriment de l'école publique.


Le gouvernement fait tout pour encourager ce choix : démantèlement de la carte scolaire, baisse du nombre de professeurs dans le public... Le plan banlieue est à sec, mais on racle les fonds de tiroirs pour financer - sur fonds publics - l'ouverture de 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Un grand lycée Jean-Paul-II est sur les rails. Un collège tenu par l'Opus Dei est déjà sous contrat.


Il ne manquait plus que ça : la fin du diplôme d'Etat... Justement au moment où l'Etat annonce vouloir supprimer les IUFM, brader les concours, et remplacer leur formation par un master que pourrait préparer n'importe quel établissement privé. Comme ça, en plus de délivrer le baccalauréat, le Vatican pourra ouvrir des masters destinés directement aux futurs enseignants.


Un comité 1905 vient de porter plainte devant le Conseil d'Etat. S'il n'obtient pas gain de cause, le prêtre aura le champ libre pour reprendre la main sur l'instituteur.
"

Caroline Fourest
Par AM - Publié dans : L'assassinat de l'école laïque
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus